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Une journée dans la vie de Yang

Aujourd’hui, découvrez ce qui se passe lorsqu’une marraine et ses filles font le déplacement dans un petit village pour passer une extraordinaire journée avec une filleule.

« Si on peut aujourd’hui se demander s’il est encore utile de parrainer un enfant dans la Chine du 21ème siècle, un voyage à Danian apportera la réponse.

Nous avons roulé presque deux heures de Danian à Peijin sur des routes difficiles et parfois des sentiers caillouteux ; Yang habite donc tout là-bas dans ce village du bout du monde, isolé, loin, très loin.

Nous arrivons à l’école et sommes accueillies par le directeur et quelques professeurs. C’est l’heure de la récréation… Les enfants s’agglutinent mi curieux, mi anxieux. Nous découvrons un gros bâtiment en béton blanc aux larges idéogrammes rouges et la vieille école en bois, vestige encore debout d’une époque qui s’en va.

Yang est appelée et nous voyons arriver une petite fille frêle et timide mais au regard bien trempé, bien que tourné vers le sol. Les cours reprennent. À l’heure du déjeuner, les enfants, gamelles à  la main (ou sur la tête, c’est plus rigolo…), s’avancent vers la cuisine de l’école. ici pas de réfectoire. Le riz accompagné de poireaux est servi aux enfants qui quitteront l’école comme une volée de moineaux. Ils prendront leur repas, debout, en marchant, en courant sur les multiples chemins qui montent et qui descendent tout autour de l’école.
Nous sommes attendus chez Yang pour le déjeuner. Quatre professeurs nous accompagnent, dont une haut perchée sur d’improbables talons. Pentes et cailloux ne semblent pas l’impressionner.

Dans la grande maison en bois partagée par deux familles, nous rencontrons la maman de Yang. En habit traditionnel, veste bleue gansée de broderie et jupe noire, elle semble intimidée, un brin gênée, comme l’était Yang à l’école.

Nous sommes au premier étage de la maison et les repas sont préparés ici à même le sol sur un feu installé sur une grande pierre insérée dans le plancher. En bas les vaches et le cochon. Parfois le scooter, véritable véhicule familial.

Dans la maison, pas d’eau courante. De grandes bassines sont remplies d’eau fraîche à l’aide de plus petites. La maman va s’approvisionner en eau à la source du village et la rapporte dans d’immenses pots en plastique à l’aide des palanches, au prix d’un dos et d’une épaule sans doute sacrifiés.

Nous comprenons que la maman ne sait pas cuisiner; c’est son mari, en ce moment aux champs qui prépare les repas familiaux. C’est pourquoi, les professeurs prennent les choses en mains avec une grande gentillesse.
Yang et mes filles entament un début de contact par l’intermédiaire d’un petit chat. (Pardon petit chat pour toutes les manipulations que ce jeu a impliqué…mais tu avais l’air habitué !)
Sans mobilier, mis à part deux fauteuils en bois et une télévision d’un âge avancé (semblant même hors d’usage à vrai dire…), la grande pièce familiale est noircie de fumée; nos yeux piquent malgré l’ouverture dans le plafond censée évacuer la fumée vers le grenier.
Un improbable plateau en verre rangé dans un coin de la pièce est roulé vers la terrasse couverte. Le repas qui s’ensuit est un moment convivial et magique ; tout semble à la fois naturel et irréel.
Les quatre jeunes instituteurs, la maman de Yang, sa tante qui s’est invitée au repas sont désormais plus détendus et se laisse enfin aller aux rires, aux sourires et à mille bavardages en Miao qu’Amy nous traduit… parfois.
Il existe cependant un langage universel : celui d’un verre partagé.
Un verre d’amitié pour fêter cette rencontre improbable au bout du monde.
La maman et la tante de Yang nous font comprendre leurs sincères remerciements non seulement pour ce petit coup de pouce pour Yang qui continuera à aller à l’école comme ses trois frères et sœurs mais aussi merci pour ce chemin fait jusqu’à Yang, jusqu’à elles.
Les mercis sont réciproques.
Merci à vous pour ce temps donné, ce repas partagé, pour ces rires, ces sourires et ces poignées de main. Merci pour ce voyage hors de notre confort et ces rencontres hors de notre culture.
Merci pour le sourire de Yang qui a fini par apparaître.
Merci pour la découverte de tout ce que peut apporter un parrainage.
Si un parrainage est un coup de pouce à un enfant et à l’adulte qu’il deviendra, un parrainage peut être aussi un échange, une découverte mutuelle et bienveillante entre deux cultures.
Pour ma part, après ce voyage, je ressens notre parrainage comme un joli petit lien tendu entre deux familles par-delà les kilomètres et les différences. »